Tsutomu Mizushima, de clown fou à génie

L’industrie de l’animation japonaise a beau être populaire en occident, rares sont les gens qui peuvent en tirer des personnalités. Même les plus fans. Qu’ils soient doubleurs, compositeurs ou pire, réalisateurs ou animateurs, le monde otaku n’est pas encore nerd au point de connaître par cœur les créatifs derrière l’œuvre, là où les fans de BD connaissent leurs auteurs sur le bout de doigts et les cinéphiles savent juger un film rien qu’à sa préproduction, son staff technique ou son casting.  Toutefois, les plus passionnés ont formés des communautés (ou disons-le carrément : des fandoms) autour de fortes personnalités. Les fans de seiyuu se pâment devant chaque nouveau rôle de Tomokazu Sugita ou de Rie Kugimiya, la hype s’intensifie dès qu’Hiroyuki Sawano est annoncé pour une soundtrack, et les fans de sakuga analysent en quelques images le trait de Yoshimichi Kameda. Mais qu’en est-il des réalisateurs ? Si quelques grands noms ressortent, au hasard Shin’ichirô Watanabe, plus récemment Rie Matsumoto, ou encore Tetsurô Araki pour ne citer qu’eux, il y a un truc qui « cloche ». Contrairement aux membres des catégories précédentes dont le talent se mesure dans tous les genres et tons possibles, ces réalisateurs semblent plutôt cantonnés à des types de séries bien particulier, et leur popularité ne va de pair qu’avec des séries « sérieuses », qu’elles soient sombres ou non – Si Watanabe s’est quelque fois aventuré dans la comédie, ce ne sont pas ses meilleurs succès et l’aspect primordial qu’on en retient.

 

Mizushima en promo pour la série Girls & Panzer

Oui, c’est un réalisateur d’anime

 

Subsiste pourtant un trublion à la popularité croissante, mais qui a vu son succès grandir grâce à sa maîtrise de la comédie, qu’elle soit classique ou expérimentale, mais toujours avec le but de faire passer un bon moment et de faire apprécier sa vision du monde qui l’entoure ou qu’il a créé. Cet homme, c’est Tsutomu Mizushima. Je vous propose alors une petite biographie / un speech de découverte du bonhomme. Panzer vor!

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Mayo-Mayoiga, Qu’es-tu Mayoiga ? – Chronique de la folie généralisée

La confusion règne pendant cette saison de printemps. Et c’est à la fois chez des dizaines d’anti-conformistes partis en quête d’un village de légende urbaine, mais aussi chez des milliers de spectateurs à travers le monde. L’objet de la discorde ? Un anime, évidemment. L’œuvre en question c’est The Lost Village, de son nom originel japonais Mayoiga, et c’est streamé en simulcast en Europe comme en Amérique sur Crunchyroll. Comme Manureva, Mayoiga dérive complètement sur l’océan de nos habitudes, pauvres otakus bien au chaud dans nos genres narratifs bien cadrés et définis.

Et si je vais tenter d’en parler aujourd’hui, c’est parce que je trouve le déferlement d’opinions et de réactions sur cette série assez intéressant et cocasse à la fois : personne n’est d’accord à la fois sur la qualité de la forme (ça on a l’habitude), mais parfois même sur ce qu’elle est vraiment, même au niveau le plus fondamental, le plus basique. Si pour une série complètement abstraite, subtile, ou en tout cas avec beaucoup de non-dit ça peut se comprendre (quelque chose comme Kaiba, ou Texhnolyze, au hasard), pour quelque chose au scénario et aux codes aussi linéaires que Mayoiga, c’est inattendu.

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Voilà l’éventail standard de réactions possibles devant la série.

Mon but ici ça va être à la fois d’expliquer et de comprendre (moi-même, tout comme faire comprendre éventuellement à d’autres) pourquoi et comment cette série est devenu un bordel sans nom, et comment on a pu finir aussi tiraillé. Entrez dans le bus maaaagique.

(/!\ Cet article contient des spoilers jusqu’à l’épisode 10 de Mayoiga /!\ )

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