Concrete Revolutio, face recto – Fantasmes héroïques

« Je crois pouvoir affirmer que personne ne comprend la physique quantique », disait Richard Feynman. Théoricien pionnier de la physique quantique. Loin de moi l’idée de mettre au même niveau en termes scientifiques ou de difficulté de compréhension un bon vieux cartoon chinois et l’un des champs parmi les plus obscurs et complexes de la méta-science moderne, mais il faut parfois se demander : les spectateurs les plus passionnés de Concrete Revolutio ont-ils vraiment compris ce qu’ils ont regardé ? Et je parle tout autant de ceux qui l’ont beaucoup aimé (genre, ceux qui ont fait des superbes chroniques hebdomadaires dessus) que de ceux qui ne l’ont pas aimé : la série a totalement échappé au « syndrome de la saison 2 » sur les sites de reviews (qui veut que les saisons 2, 3, … soient plus appréciées en général que les saisons 1, vu qu’a priori seuls ceux ayant un minimum apprécié ont continué à regarder), et se tape à l’heure où j’écris ces lignes un médiocre 7.2 sur MyAnimeList, une hausse de 0.3 points, certes, mais c’est bien bas tout ça. Et cela témoigne en tout cas de la réputation de l’œuvre envers un public assez global.

A l’instar de Mayoiga dont on a déjà parlé, ConRevo est une autre œuvre très difficile à classer (voire à cerner) et assez unique, cette fois pour des questions de structure, de narration, voire même d’ambition. Et si je viens aussi pour parler de sa qualité d’OVNI et de pourquoi c’est un scandale que cette série soit à mon sens mésestimée et peu prospère, ce post va également servir d’analyse de genre et notamment de comment elle essaye de concrétiser les ambitions de Shô Aikawa (créateur et scénariste de la série), de Seiji Mizushima (réalisateur) et de BONES, à savoir créer une série à la fois originale et différente, sociale et historique, dans un univers de fiction pure. Mais plus qu’un exercice de style, c’est quand même aussi l’occasion pour moi de partager mon avis sur une série que j’aime beaucoup, et sur ce que j’ai pu en tirer, tant sur elle-même que sur les possibilités d’un médium qu’elle a pu démontrer.

Concrete Revolutio - 24 - Endcard

Ce soir, on va parler JUSTICE. Entre autres. Mais surtout justice, ouais.

 

Je vous propose alors un diptyque d’articles complémentaires mais totalement indépendants (pas de date fixée pour le second), traitant des deux faces d’une même pièce qu’est Concrete Revolutio. D’un côté sa façon d’exprimer les idéaux, idéologies et motivations de ses personnages, à travers sa narration et sa symbolique, et de l’autre comment la série utilise de véritables faits historiques et culturels pour contextualiser et motiver la narration et ses acteurs. Le premier contiendra également mon avis et mon ressenti sur cette manière de faire et ressemble plus proprement à une review, le second plutôt mon appréciation d’éléments plus narratifs et structurels (le côté historique de la série, en fait. Vous allez comprendre), sans pour autant tomber dans une simple séparation « forme » et « fond », car la série les lie constamment. Ces aspects plus documentaires n’interviendront pas ici, cet article étant celui s’apparentant plutôt à une tentative d’explication de texte voire une critique de la série.

 

/!\ Cette review contient des spoilers potentiels de Concrete Revolutio, et Concrete Revolutio – The Last Song. /!\

Shô Aikawa, avant même la diffusion de la série, a déclaré : « Cela ne me dérangerait pas que [ConRevo] soit ma dernière œuvre. Ça ne veut pas dire que je vais prendre ma retraite, mais que je serais satisfait de travailler sur ce projet jusqu’à ma mort ». Des mots ambitieux venant d’un des scénaristes et adaptateurs parmi les plus connus de la japanimation, selon moi (scénariste de RahXephonFullMetal Alchemist premier du nom, Un-GONadesico, et quelques trucs…moins réussis  comme Angel Cop, Garo: Guren no Tsuki, Chaos Dragon ou Eureka Seven AO), mais qui me semblent être plutôt vrais, tant le boulot abattu sur la série est considérable. Mais il ne vient sans doute pas que de lui, mais plutôt du dévouement intégral de l’équipe, dans la forme comme dans le fond, et des ingrédients communs aux 2 saisons comme à la diversité des épisodes uniques.

Docu-science-fiction

Car au départ, il s’agit quand même majoritairement de ça : Concrete Revolutio est un anime de 24 épisodes découpé en 2 saisons, diffusées en 13 épisodes à l’automne 2015 et 11 au printemps 2016, et à la structure majoritairement épisodique. Comprenez qu’en parallèle à un fil rouge étalé sur les deux saisons, la majorité des histoires ne dure qu’un épisode (parfois 2), même si certains personnages présentés peuvent revenir comme personnages secondaires plus tard (et vont même a priori tous réapparaitre au moins une fois).

Concrete Revolutio, c’est l’histoire d’un monde où des pouvoirs se manifestent chez de plus en plus de gens parmi la population mondiale (les « superhumains »), rendant le monde peuplé à la fois de ces personnes à pouvoirs, mais aussi d’êtres étranges comme des esprits, ou d’aliens. Un joyeux bordel. Dans ce monde, on suit à Tôkyô les péripéties du Bureau des Superhumains, un organisme discret chargé de leur protection, et notamment celles de Jiro Hitoyoshi, jeune homme qui se décrit comme quelqu’un qui veut simplement protéger les superhumains, sans pouvoir particulier : il cache en fait en lui un espèce de mode berserk, contenu par des sceaux sur son bras gauche. Le bureau est composé d’un chef énigmatique (Akita), d’un mutant venu du futur qui peut manipuler le temps (Hyouma, alias Jaguar), d’une sorcière aux pouvoirs de matérialisation sans fin (Kikko, par ailleurs amoureuse de Jiro), d’une chef youkai manipulant les esprits (Emi, compagne de Jiro) et d’un fantôme pouvant se transformer et se rendre invisible (Fuurôta). Le truc particulier, c’est que tout ce qui concerne ces individus étranges, venus d’ailleurs où non, est plus ou moins caché par le gouvernement et relève de la légende urbaine. Si des combats de superhumains (car forcément, certains sont plutôt destructeurs et d’autres héroïques) peuvent avoir lieu en ville, ils ne sont pas évoqués par les médias, ou seulement lors de rares tentatives extrêmes de direct live. Le Bureau est ainsi une entité devant agir de préférence en secret, mais qui se trouve de fait confronté à beaucoup de supposés antagonistes :

  • le gouvernement japonais, voulant imposer ses conditions pour contrôler la population (plus ou moins selon ses membres) ;
  • l’opinion publique en général ;
  • les super-humains eux-mêmes, voulant faire valoir leurs droits peu importe leur idéologie ;
  • des ennemis plus ponctuels (des « méchants » si vous préférez ; mais la série fait très attention à ce genre de termes) comme Satomi plus tard ;
  • parfois d’autres communautés comme les youkais, protégeant leurs terres historiques.

Les camps sont très marqués mais leur représentation change très souvent. Et pour cause : une des premières particularités visibles de la série est sa narration non-linéaire, certes, mais surtout partagée entre deux fils temporels, deux « timelines » qui vont toutes les deux se poursuivre en parallèle, avec des nombreux allers-retours entre les deux et également des flashbacks ou flashforwards plus ponctuels en dehors de ces axes. Cette narration est exploitée de deux façons par la série : elle permet d’explorer en profondeur les personnages (individuellement ou au sens large) avec la dimension temporelle en plus pour montrer leur évolution, et elle crée une vraie encyclopédie interne à la série pour la mettre en parallèle avec le monde réel.

Et c’est justement tout l’intérêt, ou le « catch » de la série, par-delà les pérégrinations de la population tokyoïte  : raconter la société, présente et passée à travers le prisme de cet univers digne d’un comic. Vaste idée ! Comment ? Déjà, en instaurant dans cet univers parallèle (mais similaire) un calendrier parallèle (et similaire) : comme vous l’avez peut-être déjà noté sur l’illustration plus haut, ConRevo se passe dans l’ère Shinka, qui n’existe pas au Japon, mais qui ressemble étrangement à l’ère Showa (1926 – 1989). Chaque événement de la série va ainsi être daté dans cette période, et certains événements très symboliques permettent de lier Showa et Shinka : un certain avion nommé Enola Gay devant larguer une bombe sur Hiroshima, coïncidant pile avec l’année Showa 20 (soit 1945), par exemple, ou encore d’autres faits de société comme des manifestations à l’aéroport d’Haneda en Shinka 42, tandis que dans le monde réel il y eut en effet des manifestations pour empêcher le premier ministre Japonais de sortir d’Haneda en octobre 1967 (Showa 42). Ou encore quand 3 japonais raflent les 3 médailles aux Jeux Olympiques d’Hiver de Sapporo, scènes décrites dans la série à la même « année », aux « Jeux Sportifs de Sapporo« . Même chose pour de nombreuses œuvres artistiques. Hasard ? Quand on sait que la série s’inspire aussi d’œuvres aux concepts similaires, comme Watchmen, difficile de l’affirmer. Simple repères vaguement culturels ? Pour moi, ça va bien plus loin que ça. Mais pour le détail structurel de cette manipulation de la fiction par le réel, rendez-vous au prochain article.

Il n’empêche, sans forcément faire intervenir l’histoire de leur pays, ce qui s’y passe est tout à fait crédible comme acte de société et traduit plusieurs messages ou ressentis des personnages à travers leurs actes de rébellions, et surtout leurs motivations derrière cela.

Fantasme révolutionnaire

Le sous-titre de la série est en japonais Chôjin Gensou (超人幻想), qu’on peut traduire par fantasme/illusion superhumain(e). Ce fantasme, ce n’est pas simplement le monde coloré rempli d’un bestiaire de mutants à pouvoirs, d’humains, d’aliens et autres bestiaux. C’est en fait en référence à tout le pan narratif de la série lié aux rebellions des super-humains, leur fantasme d’une société qui les accepteraient à tout prix et dans laquelle ils pourraient vivre en paix, peu importe leur réputation et leur héroïsme, voire leur idéologie. Si les superhumains ne sont pas les seuls à tenter de faire valoir leurs acquis dans la série, ils en sont les principaux acteurs, et permet à la série de dévoiler des messages sociétaux, clairs voire évidents, surtout vu l’époque considérée. Dans tous les pays modernes, ces années (60-70) mettent en évidence une période de tension, d’opposition entre communautés. Et ceci que ce soit entre pays (la Guerre Froide, par exemple),  entre générations (le fossé générationnel commence à se creuser sur des plans culturels comme idéologiques), entre ethnies (les différentes vagues migratoires démontrent que la xénophobie n’a pas disparu avec la décolonisation), entre couches sociales (les oppositions grandissantes entre un capitalisme se modernisant et des demandes de plus en plus assumées pour des acquis sociaux) et j’en passe. En général, les exemples les plus parlants pour montrer sont des trucs comme Mai 68, la Guerre Froide, ou Woodstock, montrant des volontés de changement voire de révolution de tous les côtés et sur tous les plans, peu importe la manière de communiquer ces volontés.

Il y a un lien évident entre la population de super-humains cherchant une reconnaissance et tombant parfois dans les extrêmes de la rébellion révolutionnaire et les jeunes de cette époque. Les pouvoirs des super-humains dans la série reprennent d’ailleurs bien souvent les « armes » culturelles utilisées par cette génération : nombreux sont les super-humains utilisant littéralement la musique pour se battre, ou utilisant des robots très largement inspirés d’œuvres réelles. Ce n’est pas anodin au vu de la portée des arts et la culture pour faire passer des messages, notamment à l’époque. Parfois, ce sont même les chansons qu’ils chantent ou leurs propres designs qui sont inspirés de la réalité de l’époque. De la même façon, leurs « ennemis » ne sont pas toujours représentés de la même manière mais parfois de manière plus symbolique. Si parfois leurs méthodes sont très directes (films de propagande, corruption), un épisode traite par exemple des conflits ayant eu lieu entre des habitants ruraux de Sapporo qui ont vu certaines terres rasées pour construire des installations pour les Jeux Olympiques. Dans la série, ce conflit est présent entre à la fois entre les athlètes (avec un sujet plutôt liés aux thèmes généraux de la série) mais aussi entre des esprits de la nature, voulant protéger leur coin. Vous avez saisi l’idée, je pense.

Chaque épisode, chaque arc narratif traite de fantasmes, en tout cas d’idéaux inhérents à chaque personne et chaque part de la société qu’elle peut représenter. Des idéaux de justice, des idéaux communautaires, politiques, moraux, culturels, parfois même militaires. Des idéaux destructeurs comme optimistes, des idéaux égoïstes et égocentriques comme publics. Si la série évite en général de prendre une franche position sur ces sujets, et n’hésite pas à montrer les rebellions, même légitimes, comme potentiellement manipulables et destructives, il y a une claire volonté d’acceptation, de soi comme de l’autre, tout au long de la série. Jiro cherche à perte comment il pourrait trouver des gens partageant ses idéaux et ses causes sans jamais vraiment y arriver, en se rendant compte de l’individualité d’une notion si abstraite, par exemple.  La série parle alors de place de chacun dans une société qui évolue, à travers tout ce qui la chamboule : sans donner une réponse définitive ou une assertion de ce qu’est la vraie justice, le « vrai bon » activisme, elle va brosser un panorama de cette société, militante ou non.

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Techniquement c’est ça, oui

 

Ce joyeux mélange de sincérité populaire optimiste et de réalisme froid et presque documentaire (mélange qui donnera par ailleurs son titre au second article) en fait une œuvre à part, pas nécessairement juste parce qu’en elle en parle, mais pour son traitement et ses choix symboliques notamment.

 

Humains, héros, sorcières et manichéisme

ConRevo est donc bien plus que ça, plus qu’un simple atlas en mode SF d’événements historiques : raconter le réel, c’est aussi raconter ses implications, au niveau macro comme microscopique. La science-fiction comme filtre posé sur la réalité sert à faire une bonne série de genres, certes, mais c’est aussi pour en illustrer et interpréter des éléments plus personnels, en plus de pouvoir les raconter différemment.

Plus que l’héroïsme, thème qu’on s’attend vaguement à voir évoqué dans un monde pareil, c’est la justice qui va être le moteur principal des actes et surtout des discussions entre les différents protagonistes de la série. La moralité de la justice, son sens individuel, sa distinction ou non de vagues concepts de « bien » et de « mal ». Jiro est en perpétuelle quête de compréhension dans ce domaine, et c’est même l’élément perturbateur du début de la série : c’est ce qui l’a forcé à rejoindre le Bureau au départ (son sens de la justice le pousse à défendre les superhumains), mais aussi à le quitter (car les idéaux de Bureau ne sont plus en phase avec sa propre conception de la justice). Ainsi, là où la saison 1 montre comment sa conception de la justice évolue, en démontrant notamment comment ce concept n’est jamais « blanc » ou « noir » mais simplement des nuances de gris (en très bref !), et qu’il ne permet par ailleurs pas de cataloguer simplement quelqu’un comme un ennemi potentiel ou non.

Au grès des affrontements et des événements, Jiro a notamment pu croiser des personnages qui ont été cruciales sur ces questions. Pour ceux qui ont vu la série, je vais citer ici principalement Shiba Raito, Claude, Daitetsu, et Haruka, qui me paraissent être les plus intéressants et importantes. Pour ceux qui ne l’ont pas vue, ce sera simplement des personas d’exemple. Incoming : spoilers.

Claude et Daitetsu sont des figures importantes parce qu’elles agissent comme purs alter-égos à Jiro, vu leurs âges et parcours similaires. Jiro est encore « jeune et naïf », proche des gens, optimiste au départ puis borné ensuite. Claude en plus d’être selon moi une référence vivante à Lelouch (et de ce fait un gros chuunibyô) est un pur idéaliste, brutal et agissant contre les institutions de façon déraisonnée mais pour l’intérêt général (il révèle des expériences sur les super-humains dans l’épisode 11 en détruisant un sous-marin habité, notamment). Pire : Kikko, en situation délicate, finit même par prendre cette version idéalisée de Jiro pour son bien-aimé. Et finalement les 2 s’opposent pour le final de la saison 1 : Claude avec les étudiants défendant les droits des super-humains, les autres avec le gouvernement pour arrêter la violence ; et Jiro au milieu. Daitetsu est un alter-ego d’une autre manière : il a subi le même traumatisme que Jiro une fois enfant (un kidnapping par un super-humain), mais est marqué différemment par la question de la justice. Il se retrouve du côté du gouvernement, c’est-à-dire du côté de la répression dans l’opposition mentionnée un peu plus tôt, et restera dans le camp du gouvernement malgré ses tiraillements, au point de recevoir un casque similaire à celui de Claude plus tard dans la série, et restera un antagoniste principal. Un autre moment marquant sera justement quand Jiro se retrouvera à nouveau opposé à Daitetsu, qui n’hésitera plus à le considérer comme ennemi, alors Jiro embrasse lui la position du « bien » telle qu’il la conçoit, et qui est celle de Rainbow Knight, qui les avait pourtant kidnappé lui et Daitetsu enfants. Daitetsu et Claude sont des Jirô qui n’auraient pas tourné de la même façon – non pas que l’évolution de Jiro soit parfaite, mais son contexte personnel a fait qu’il a réussi à faire la part des choses, et notamment de ses capacités, là où Daitetsu et Claude semblent manipulés par leurs convictions.

L’épisode 11 est clair dès son entame avec son titre, par exemple : « Justice / Paix / Liberté », comme une liste d’éléments non inter-compatibles, et sur le chacun a son focus personnel. Il fait la part belle à un groupe musical de super-humaines, les Angel Stars, apparaissant ponctuellement dans la série, et anciennement exploité par une grosse entreprise. Jiro, combattant l’entreprise en question qui exploite une ancienne membre du groupe et voulant la libérer de l’entreprise qui l’exploite, se heurte à Haruka (ancienne keytariste du groupe) et son idéologie pragmatique et presque fataliste : toute la génération précédente est parti à la guerre, se terminant simplement par de multiples morts entre 2 camps persuadés d’avoir raison. Un cruel résumé de l’opinion de la série sur ce genre de conflits. Outre une grosse critique de l’industrie musicales lors de leurs apparitions (épisodes 6, 11, 12 et 15 – Haruka et une autre membre se sont faites virer parce qu’elles sortaient ensemble), l’épisode finit notamment par Jiro et Haruka convaincus mutuellement de leur libre arbitre, et leur capacité à évoluer dans la vie sans être influencé par ce que les gens pensent être « bon » ou « mauvais ».

Et puis, il y a le fameux détective Shiba Raito. Personnage majeur et secondaire à la fois, il apparait tout le long de la série, et passe par toutes les phases. Il est tour à tour policier et rival du bureau, rival de Jiro, puis son allié, avant de finir solitaire dans ses convictions. Il est l’un des personnages qui progressent et évoluent le plus, et son contexte est de base intéressant : humain mort puis reconstruit, il traduit très bien ce côté « pas trop humain », tout en reprenant les problématiques de Jiro, jusqu’au bout de la série. Il est d’ailleurs très rapidement rival de Jiro car son sens de la justice est lui « matériel », comme implanté dans son cœur de robot, et donc ne laissant pas vraiment place à l’empathie. Dans l’épisode 14, qui lui est beaucoup dédié, on découvre une autre face de lui, essayant de changer, et surtout de prouver son sens de la justice à Jiro, justice dont il a tellement peur que le concept soit faux. Son esprit humain a toujours été là, et refait surface dans cet épisode, au point de se faire appeler… « plus humain que nous tous ».

Ces thématiques ne sont pas seulement là pour « colorer » les personnages, mais aussi pour évoquer leurs motivations, idéologies, visions de la société, buts personnels, etc. Tout le monde y va, personnages secondaires comme principaux, et  humains ou non. Les rebellions étudiants sont menées par des jeunes super-humains plus en phase avec la société. Ils sont régulièrement confrontés à Earth-chan – probablement mon personnage préféré de la série, pour plein de raisons – qui est une entité neutre, populaire, dont le but n’est pas d’être particulièrement dans le camp du bien, mais d’observer une justice « pure », et souvent pacifique et donc liée à un status-quo. Elle est une image populaire de la justice mais qui se retrouve face à ses propres contradictions, en tant que symbole d’espoir et de justice, certes, mais surtout comme icône simpliste et manichéiste. Elle est un personnage clé dès la fin de la première saison, notamment après un combat terrible rendant Jiro incapable de définir ses propres convictions sur le sujet.

En exploitant ce cassage du manichéisme habituel des mondes de fantasy, ConRevo en vient aussi à évoquer l’humanité comme thème central. Et le medium utilisé est évident : vu qu’une partie des personnages n’est justement pas humaine, et l’autre différente des humains normaux malgré sa parenté, c’est bien plus simple de raisonner par ce biais sur la condition humaine. Mais même avec cela, les réflexions menées vont plus loin qu’une simple question de race alien, et évoquent justement la moralité de toute l’espèce terrienne, rapport à ses agissements parfois profondément douteux. La série raconte tout de même à sa façon l’après 2ème Guerre Mondiale, et donc aussi la Guerre Froide. Même à travers le prisme du Japon (qui n’avait pas nécessairement grand chose à y voir mais qui subit encore l’influence américaine, et la série en parle également par le biais par exemple de la crise des îles Ogasawara remaniée en fin de saison 1), on peut ressentir toutes les peines du monde qu’ont la société et ses dirigeants à regagner confiance et optimisme. Ici, point de superhéros miraculeux. Les super-humains sont nombreux, presque tabous, parfois armes de guerre, souvent mercenaires et dans le cas du Bureau fonctionnaires censitaires. Si la série montre que chacun a sa conception du bien, elle montre aussi en quoi cela remet en cause toute la stabilité d’un peuple.

D’ailleurs, vous avez noté que j’ai remplacé « superhéros » par « super-humains », que je n’ai pas évoqué le premier terme depuis le début de l’article, et c’est voulu : les super-humains ne sont pas des héros. Faut pas croire ce que disent les journaux. C’est le constat que fait Shou Aikawa lui-même dans la première image de cet article, et le terme n’est en effet quasiment jamais utilisé dans la série ! Les personnages évoquent soient « superhumains » pour parler de la sous-espèce possédant des pouvoirs, soit « d’alliés de la justice » pour décrire leur noble cause (quand elle existe). Thème lié à la justice mentionné plus tôt, l’héroïsme est évidemment omniprésent dans la série, à la fois par l’importance de la figure du héros mais aussi par les actions des héros, ou en tout cas de ceux qui se proclament du camp qu’on appellerait vulgairement les « gentils ». Il faut d’ailleurs un peu admettre que les animes mentionnant l’importance d’une figure héroïque sont légion, je pense notamment à Ping-Pong The Animation ou Boku no Hero Academia qui ont très bien fait ça ces dernières années. Comme dans ces exemples, ici Jiro a eu pendant sa jeunesse la figure de Rainbow Knight, mais cette figure est justement cassée, après une sordide affaire de kidnapping que Jiro aurait lui-même subi. Rainbow Knight finit par mourir sous les yeux de Jiro, en tant que criminel, mais aussi comme un vrai héros, aux yeux de Jiro, l’ayant sauvé quelques années plus tôt pendant un grave incident dont il ne réalisait alors pas la gravité. Jiro va même pousser son adoration plus loin dans un arc narratif de la série servant de quête pour la vérité sur cette affaire de kidnapping.

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Cette figure est un des moteurs de la perpétuelle quête de justice de Jiro. C’est une quête idéologique mais aussi recherche d’idéal humain (enfin, terrien) dans la société, dans son entourage mais pas seulement. Jiro est un symbole pour n’importe qui qui s’est déjà ces questions philosophiques dans sa vie : « c’est quoi le bien, le mal ? », « c’est quoi l’amour ? », « quel est mon but ici ? » ; même si la série en parle plus d’un point de vue sociologique que philosophique ou métaphysique, heureusement. Il doute, espère, agit, comprend, pour le meilleur et pour le pire. Jusqu’au bout la série va le pousser au bout de ses convictions, pressant la même symbolique en faisant de Jiro un modèle d’optimisme pourtant originaire de la destruction (pas de spoil sur ça, parce que c’est wow). La série raconte à la fois la place de chacun dans la société mais aussi la société agissant pour chacun : le niveau de lecture est en général différent à chaque épisode, tant les thématiques et le point de vue changent. Mais ce n’est pas pour autant le bordel, car les nombreux callbacks avec des retours de personnages ou de thématiques permettent toujours de rattacher un thème à ce qui se passe.

C’est même plus que ça : c’est un vrai tutoriel du non-manichéisme. Une des rares « morales » quasi-explicite de la série (qui n’en est pas vraiment une, parce que pas nécessairement positive) est que possède chacun a sa justice, et l’intérêt réside plus dans la compréhension de l’opinion que dans le jugement d’un acte comme « bon ou mauvais ». Et les persos ne sont pas tous ‘gris’, blasés ou rationnels pour autant. La plupart des personnages présentés sont même plutôt réalistes idéologiquement parlant, et il est facile de voir quelles opinions politiques sont décrites par les scénaristes, par exemple chez les américains (à travers un fantastique épisode 20 évoquant la Guerre du Viêt Nam mais aussi des relents des Guerres du Golfe).

Au même titre, il serait hélas bien ambitieux d’espérer que tous les personnages soient autant développés, et sur les mêmes plans. S’ils sont dans l’ensemble très réussis, même les secondaires, ils ont également tous un but et un rôle dans ce documentaire historique qui peut avoir tendance à les réduire à leur message (par exemple s’ils n’apparaissent qu’un épisode, particulièrement les ‘antagonistes’). En effet, le défaut inhérent à ce « système » de développement de personnages, c’est que quand ces derniers ne sont pas aussi complexes que cela, ils en pâtissent. C’est le cas de Kikko, par exemple, qui même si elle n’est pas foncièrement superficielle comparée à des personnages (notamment féminins majeurs) d’autres séries, est hélas surtout résumée et narrée à travers sa relation et son affection amoureuse envers Jiro. Son background existe, il est aperçu dans la série à plusieurs reprises, et même comme clé de résolution ou d’opposition de certains épisodes, mais ça ne suffit pas vraiment. Son rôle de contrepoids émotionnel à Jiro est lui aussi évident mais l’intrigue de « triangle amoureux » ferait presque tâche, aussi crédible soit-elle ! J’imagine que l’ambition était d’en faire un personnage plus proche du spectateur d’un point de vue plus humain qu’idéologique (contrairement aux autres), tout en en faisant un autre membre exubérant du bestiaire de la série (ça par contre c’est réussi, et ses apparitions dans les scènes d’action sont colorées et fun. Meteortail, bitches).

J’aimerais en rajouter sur les personnages et leur rôle mais difficile de le faire sans trop spoiler, par contre. On citera le cas particulier de Jaguar, qui est lui purement caractérisé par son histoire (je ne vous spoile pas son twist) mais agit jusqu’à la fin de la série comme un Jiro plus cynique et moins tête brûlée. La relation Emi – Jiro sert à évoquer les thématiques plutôt sentimentales de la série, même si Emi a également un rôle avec sa communauté de youkai (no spoil, encore une fois). Fuurôta pourrait agir comme intrus vu son caractère enfantin mais outre son intérêt narratif rendant un peu de légèreté à la série, il est le plus enclin aux épisodes sur l’amitié et l’abandon. Enfin, je pourrais m’amuser à lister tous les personnages secondaires, mais je préfère que vous regardiez la série pour apprécier cela. Akita, Judas, Daitetsu sont tant de personnages aux rôles fascinants et pas si simples à décrire, croyez-moi.

Bon, vous l’avez compris, je suis assez convaincu que la série est _intéressante_. Maintenant, à regarder, ça donne quoi plus concrètement ?

 

Everything I do, I do it for Yutapon

Et bah c’est BEAU. Genre putain de beau. Le chara-design et la palette sont très colorés et donnent droit à un peu tout et n’importe quoi mais plonge bien dans l’univers dans son côté fantastique et comique, et la plupart des performances visuelles viennent justement de jeux de couleurs et de luminosité assez dingues. Le focus est mis sur des jeux de couleurs assez « plats », à l’effet peinture mais avec peu de nuances et des transitions marquées, plutôt que sur de la modélisation réaliste, crayonnée ou encore numérique. Et si le rendu est parfois surprenant, il colle très bien à l’ambiance et aux scènes d’action.

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Mais les visuels c’est une chose ; la technique est par moments assez folle aussi. Fidèle à sa réputation, Bones a été chercher pour la plupart des scènes d’action des experts ou prodiges du milieu, notamment le dieu qu’est Yutaka Nakamura ou encore ce cher Bahi JD, qui a posté quelques cuts de la série sur Twitter, parmi d’autres. Si Nakamura vole souvent la vedette, les autres ne sont pas en reste.

Dès l’épisode 3, c’était donc la folie. Mais il n’y a pas que les yeux qui profitent.

L’animation mise à part, il était impossible que j’omette de faire un paragraphe sur la musique, vous me connaissez. Dans ConRevo, il lui faudrait limite un article dédié… Entre l’OST et ses thèmes récurrents puissants, héroïques comme sombres, les multiples insert songs correspondant aux groupes musicaux apparaissant dans la série, les super génériques par ZAQ pour les OP et le guitariste Yohsuke Yamamoto pour les ED… Il y a de quoi faire. D’ailleurs, vraiment une mention spéciale à ZAQ qui se révèle comme une singer/songrwiter de talent, écrivant les paroles pour les 2 openings, avec des très bons textes liés à la série et ses thèmes. Les 2 endings valent aussi le coup rien que pour leurs esthétiques mélangeant 2D très bien animée et photographies, plutôt psychédélique pour le premier et d’action pour le second.

 

 

Mais évidemment c’est aussi la vision de la musique en tant qu’art et de média porteur d’idée qui est intéressante et très utilisée. Rien que les inserts songs des « groupes internes » à la série sont en fait des références historiques à des vraies chansons de l’époque, mais ça j’en parlerai aussi un peu plus sur l’autre article.  Vous y verrez que les groupes de ConRevo sont toutes les représentations possibles de l’influence de la musique. Des amateurs voulant faire passer leurs messages en soutenant des rebellions, aux pop-stars servant de la propagande, en passant par les maisons de disques glissant des messages subliminaux. Et voir des groupes littéralement se battre à coup de chansons était plutôt bien vu en plus d’être très funs, et c’est assez agréable de voir un anime avoir autant de respect pour l’art musical, au-delà des industries assez superficielles qu’on peut voir dans des animes d’idols, ou des clichés d’autres genres même dans des bonnes séries (le rock indé classique dans Beck, le metal de Detroit Metal City).

 

Can you still sing?

On arrive calmement à la conclusion de cet article, que je vais terminer par une touche un peu plus personnelle et review-esque. Soyons francs toute de suite : je trouve que Concrete Revolutio est une série assez incroyable. Elle a un profil très rare dans les animes (voire dans la fiction en général), qui est d’avoir un propos aussi social le tout dans une narration maîtrisée de bout en bout et d’aspect en aspect. C’est d’autant plus délicat qu’en plus de gérer les narrations, évoquer ces thèmes peut être délicat. Surtout au Japon, et surtout contre l’armée et/ou le gouvernement, sans compter l’aspect historique de la chose qui rend la série d’autant plus crédible et ambitieuse. C’est une série agréable à regarder, très rythmée, complexe et prenante, le tout dans un univers cohérent à la fois narrativement et symboliquement. On peut souvent reprocher aux séries à portée symboliques d’être trop abstraites, ou pénibles à comprendre parce que justement assez uniques dans leur narration, alors que ConRevo pourrait limiter se regarder en passant outre cette partie, même si elle est loin d’être cachée.

Ça me fait assez rire de voir que ce qui me fait adorer la série et la trouver fascinante est ce qui est détesté chez certains ! Je prends pour exemple cette review MAL que je trouve tristement drôle, même si évidemment je ne peux forcer personne à adhérer à mes convictions (mais quand même, merde quoi). Beaucoup se plaisent à relier la série aux nombreux échecs d’animes originaux de Bones, alors qu’en plus de n’avoir aucun rapport avec ça, c’est non pas pour des raisons de scénario pur que ConRevo est mal reçu, mais des raisons de structure et de complexité ! Et finalement je ne peux pas vraiment me prononcer contre ça. Pas tout le monde n’a l’envie de s’impliquer intellectuellement ou socialement dans une série, surtout en en regardant 20 par saison, par exemple. Heureusement je n’ai pas non plus été le seul à défendre ce type de séries et j’espère voir des œuvres du genre, qui comme toujours ne se vendront pas beaucoup (c’était déjà le cas avec Tatami Galaxy, Lain, Uchôten Kazoku, etc. Je ne me fais plus d’illusion) mais seront des messages passionnés et intéressants en forme comme en fond, par des gens tout aussi passionnés. Plus que des intellectuels, moi je vois dans cette série des gens qui avaient un message, et qui ont cherché à le faire passer en profitant le plus possibles du medium et de leurs passions, on ne brosse pas autant de genres narratifs par principe (la série tourne entre l’action, la politique, le mecha, le drame et la science-fiction).

Par contre, et ça m’attriste un peu, la série n’en devient pas forcément universellement bonne pour autant. Pour une idée plus pragmatique, je me vois difficilement décrire la série autrement que « bonne » ou « très bonne » pour ses deux saisons, pour des problèmes inhérents que j’ai pu évoquer (sur l’équilibre entre les personnages, notamment) et aussi par un petit rush un peu dommageable en fin de saison 2. Mais comme souvent, ce n’est pas nécessairement les séries qu’on préfère qu’on trouve les meilleures (et vice-versa ?), la preuve étant que rien ne m’ait freiné à écrire 2 pavés laudatifs dessus. Pavés formés d’ailleurs de mes interprétations et ressentis personnels (même s’ils parfois nés en lisant la prose d’autres) qui forment mon avis. C’est d’autant plus frustrant pour moi de conseiller cette série, car les 2 premiers épisodes (qui très souvent suffisent aux gens pour former un avis quasi-définitif, eh oui) sont les moins bons de la série, avec du recul ! Et donc je me suis déjà tapé des « mais p****n, c’est pas bien ton truc » ou assimilés, faute de mieux.

La perception d’une série aussi ouverte et ambitieuse est forcément très variable selon le spectateur et son passif (entre autres), donc difficile de leur en vouloir ceci dit. A ces gens-là, plus que de leur demander de donner une nouvelle chance à la série, j’aimerais leur rappeler les phrases qui ouvrent cet article, et rappeler qu’il n’y a en substance  pas besoin de tout suivre et tout comprendre pour profiter des réflexions de la série, et qu’il faut finalement aussi ouvrir les yeux et les oreilles sur le reste. Et moi ? En fait, je ne pense pas avoir parfaitement tout suivi non plus. J’ai du notamment zapper quelques passages des épisodes individuels, mais je ne m’en veux pas. C’était une expérience surprenante et presque bluffante quand on fait le bilan après coup de ce qu’on vient de voir.

Et s’il y a bien une chose que j’ai apprise en ayant vu cette série, c’est qu’autant dans le monde que pour choisir ses animes, chacun a sa propre justice.


Voilà pour cet article, et désolé pour la longueur (imaginez qu’il y en a encore un autre derrière, en plus), mais franchement il y a tellement de choses à dire que j’aurais pu aller bien plus loin tant tous les sujets possibles sont évoqués dans la série. En espérant que ça vous ait plu, que vous ayez lu la série ou non (fort heureusement c’est une série où les spoilers ne sont pas nécessairement faciles à comprendre), et en attendant la suite je vous dis à bientôt.

Peace.

 

Références et ressources rapides que j’ai soit utilisées pour rédiger cet article, soit lues au fil des semaines, soit les 2

 

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3 réflexions sur “Concrete Revolutio, face recto – Fantasmes héroïques

  1. Entièrement d’accord avec à peu près tout ce que j’ai lu 🙂

    Jirô notamment m’a beaucoup marqué sur toute la série. Il faisait vraiment figure d’incarnation de la justice et de l’évolution de ce concept dans les œuvres culturelles et l’imaginaire collectif post-WW2. Je pense d’ailleurs que son design inspiré du style de Tezuka/Ishinomori, véritables pionniers dans ce domaine, vient de là.
    Comme tu le dis, plus la série avance et moins sa représentation de la justice devient manichéenne, un peu comme ce qui s’est fait dans l’évolution des scénarii, là où les plus vieux superhéros étaient tout blancs contre les méchants tout noirs (ne pas y prêter de deuxième sens hein, je voyais pas trop comment dire ça autrement). D’ailleurs, l’utilisation de repères historiques réels dans la série permet à mon avis surtout de donner un contexte à cette évolution. J’aime beaucoup cette approche analytique tout au long de la série.
    (Petit parallèle sympa avec ces repères, vers la fin de la série, les robots que l’on voit, Getter Robo, Voltes V et Raideen de mémoire, ont été construits dans la série à peu près à la période de leur diffusion à la TV japonaise lors de l’ère Showa)

    C’est dommage que beaucoup de gens soient passés à côté de la série à cause de son début et de sa narration. L’investissement intellectuel nécessaire pour tout suivre est certes important, mais c’est tellement plus enrichissant que de suivre 34569847469845 animés lambda en même temps.
    Les choix de narration rendaient le tout un peu chaotique parfois, mais permettaient de relier chaque histoire individuelle à ses conséquences après la défection de Jirô vis-à-vis du bureau, ce qui apportait au final beaucoup à la compréhension de la série en général.

    Concernant la musique, c’est un des points sur lesquels je n’ai clairement pas le bagages culturel suffisant pour l’appréhender, mais ça m’intéresse quand même beaucoup. Un peu à la manière d’Eureka Seven (ma série préférée) qui utilisait énormément de références musicales plus ou moins évidentes de certaines périodes précises pour contextualiser son récit.

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