JoJo’s Musical Adventure – Partie 3 : Stardust Crusaders

Sur ce blog, parfois, il se passe des choses. Des articles, des petites mises à jour par ci-par là, du détail à l’article inattendu. Mais, il arrive aussi des événements, comme c’est le cas aujourd’hui c’était le cas il y a quelques semaines : le premier anniversaire du blog ! Et pour fêter ça, plutôt que de faire un mot d’esprit qui ne serait pas bien utile car redondant avec tout ce que j’ai déjà pu dire ici ou ailleurs, eh bah je vais faire un article. Qui trainait depuis beaucoup trop longtemps.

On va donc continuer notre épopée lyrique (littéralement) dans l’univers de JoJo’s Bizarre Adventure, en s’attaquant à un gros morceau de la saga, à savoir le fameux troisième arc : j’ai nommé Stardust Crusaders. Je vais traiter directement tout l’arc même s’il est plus long, puisque les articles ne sont pas super longs au départ, car relevant plus du constat ou du catalogue que de la réelle analyse artistique.

 

JoJo's Bizarre Aventure: Part 3

Partie 3 – Stardust Crusaders : « Vanilla Ice Cream »

 

On bascule cette fois dans ce qui est considéré comme le 3ème arc mais en fait la 2ème « saison » à proprement parler du reboot de JoJo, car c’est bien la deuxième série diffusée séparément de la saison 1 (qui couvrait donc les 2 premiers arcs ; vous suivez ?). Ce 3ème arc a été adapté en 2 parties, la première diffusée au printemps et à l’été 2014, couvrant le voyage de Jôtarô et sa bande contre les Stands envoyés par Dio, et la 2ème partie sur l’arrivée en Egypte, avec les derniers Stands et le combat final contre Dio, diffusée elle pendant l’hiver et le printemps 2015. Le début de saison laissait apparaitre un peu plus de maitrise (et de moyens ?) de la part de David Production par rapport à la première saison, mais a eu quelques pépins narratifs dus notamment au format très « monster of the week« , comme on dit, d’une bonne partie du voyage. Globalement ces problèmes sont résolus dans la 2ème partie, avec notamment à mon sens de très belles trouvailles visuelles dans les derniers épisodes.

Au niveau auditif, la tâche a été incombée à un troisième compositeur de faire la soundtrack de cet arc, j’ai nomé Yugo Kanno (notamment déjà compositeur des bandes-sons de Da Capo et des 2 saisons de Psycho-Pass, qui composera plus tard celle de Gundam G-Reco et celle des futurs films Ajin). C’est donc un troisième univers musical que nous offre la série, même s’il sera cette fois bien moins marqué que celui de Taku Iwasaki pour le second arc; la soundtrack de Stardust Crusaders est globalement plus discrète, mais paradoxalement plus variée : elle est surtout très imagée, très « un thème pour un personnage/une situation », mais elle sait se faire présente quand c’est nécessaire. Je pense notamment aux thèmes aussi angoissant que le scénario et les visuels lors des derniers combat contre Vanilla Ice et Dio, comme le génial « Destination« .

 

Globalement, la soundtrack de Kanno (plutôt longue : plus de 3h de soundtrack, sortis sur 4 CDs) explore assez de genres pour que chacun y trouve un thème particulier qu’il aime, c’est son principal avantage. On retrouve également le délire de faire des « variations sur un même thème », à savoir prendre une même ligne mélodique, et travailler les instruments et l’ambiance autour (ou le tempo, par exemple), pour l’appliquer à différentes situations. La mélodie de base étant ici le « main theme » de la série, l’explosif et électrique… « Stardust Crusaders« , très Iwasaki dans l’esprit, et repris plusieurs fois en version lente, ou étouffée par exemple, chacune contenant le mot Stardust dans son titre.

 

 


 

J’aime beaucoup les génériques de Stardust Crusaders. Pas mal de gens ont eu du mal (en tout cas au début), parce qu’à côté du cultissime OP1 et de l’OVNI OP2, ces deux-là feraient presque tâche, mais ils sont justement suffisamment bien foutu à mon sens pour s’apprécier, en plus du côté musical de base qui lui vous plaira selon vos tendances instrumentales, évidemment.

OP3 : Jin Hashimoto – « STAND PROUD »

 

Il y a évidemment un énorme jeu de mot dans ce titre que je ne ferai pas l’affront de vous expliquer, mais qui a le mérite d’être là. STAND PROUD c’est sans doute le plus mal-aimé des quatre. Assez vintage mais pas aussi culte que Sono Chi no Sadame, pas aussi fou visuellement, musicalement banal, … Il y a effectivement quelques trucs qui feraient de lui le plus mauvais des 4 openings de la série, notamment sur la musique, avec la voix un peu gueularde de Jin, qui fait parfois un peu forcée sur certains passages. Malgré tout, on retrouve encore les qualités visuelles des précédents génériques : l’exploitation ultime du moteur 3D, avec plein, plein de références aux épisodes à venir.

 

Le générique met notamment en valeur Jotaro et Star Platinum, ne serait-ce les premières secondes nous remontrant clairement qu’il est dans la lignée (en tout cas familiale) de Jonathan et Joseph Joestar. Beaucoup des visuels portent aussi la chanson, avec pas mal de synchronisation de « mouvement », j’entends par là que souvent chaque début de ligne entraine un visuel dont on a l’impression qu’il se « lance », et dure, un peu comme si chaque silhouette suivait directement l’air de la chanson, tant au niveau des coups de poings que des pas. C’est notamment le cas dans l’intro et le premier couplet, avec les étoiles filantes, etc.

Tiens, les étoiles filantes, d’ailleurs. On comprend facilement qu’elles représentent chacune un des héros de l’arc. Mais si vous regardez bien, vers la fin du plan, on aperçoit quelque chose :

Avec un peu de recul elle est très moche cette planète

 

Une sixième étoile, sur la droite. Fort logiquement, celle-ci représente Iggy, le petit chien qui deviendra le 6ème compagnon de l’équipe, mais plus tard, dans la 2ème partie de l’arc ! C’est ce que matérialise cette distance par rapport au reste du groupe. De la même façon, DIO, qui n’apparaîtra que plus tard, est surtout montré comme une présence menaçante dans l’ombre noire et violette, comme dans les premiers épisodes de la série. Si menaçant qu’ils nous chasse du générique, en transition vers le groupe qui le regarde sur les fameuses photos d’Hermit Purple. Littéralement. Il est même dans l’oeil de Star Platinum ! Regardez-bien.

JoJo OP3 screen2 JoJo OP3 screen3

Il y a d’ailleurs une séquence assez creepy (en mode traits rouges sur fond noir), où on voit la silhouette de DIO, carrément transformée en zoom limite sanglant (vu les tons de couleur utilisés) sur sa nuque, comme pour expliciter qu’il s’agit bien du corps de Jonathan Joestar.

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Trauma Center c’est devenu assez flippant

 

On voit aussi notamment le gang traverser les différents pays faisant partie du voyage vers l’Egypte, avec notamment un plan furtif où Hol Horse, futur ennemi, se tape l’incruste sur la droite de l’écran.

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On trouve également une magnifique séquence avec l’arbre généalogique torturé de Jotaro rentrer en lui, comme un symbole de sa destinée, le tout entouré de ces fameuses ronces.JoJo OP3 screen5 JoJo OP3 screen6 JoJo OP3 screen7

Je passe sur les moments de baston super classe où chacun y va de l’utilisation de son stand (heh, c’est pas pour rien que j’ai utilisé ça en skit AMV). Même si on peut voir pendant cette séquence Jotaro entouré de « ORAORAORAORA » en japonais, ainsi qu’un ballon « Lucky Land », du nom du studio personnel d’Araki.

On a ensuite une conclusion montrant une ascension verticale avec sur le chemin toutes les cartes de tarot, à savoir les futurs ennemis du gang, avant d’arriver finalement à DIO. Et Jotaro de finir par son culte Star Platinum et l’attaque non moins culte de ce dernier, les fameux milliards de poings cassant la gueule au caméraman, sur une espèce de vitre derrière laquelle on devine Dio.

Les paroles, comme d’habitude, évoquent directement le contexte de l’arc sans réelle subtilité (ça parle de platine, d’un groupe rassemblé pour battre une menace centenaire, de poussière d’étoiles, de croisades, etc.)

Musicalement, on peut quand même lier ce genre musicale à la modernisation progressive de l’histoire (on est dans la fin des années 80, et la musique le fait sentir un peu), du coup cette transposition se montre aussi par l’ambiance musicale et visuelle du générique, aussi banal que cela puisse paraître.

 

OP4 : JO☆STARS (Tommy, Coda & Jin) – « Sono Chi no Kioku ~end of the world~ »

Même remarque pour le jeu de mot. Et sinon,  celui-là, interprété par les chanteurs des 3 premiers génériques… bah je l’adore. C’est une pure merveille sur tous les plans. Alors que musicalement c’est le plus « risqué » ! Contrairement aux autres, il n’a pas un gross riff entrainant qui sert de refrain et d’intro, mais plutôt un gros crescendo, et surtout une ambiance radicalement différente, voire même angoissante au départ, pour insister sur le côté démoniaque et oppressant de cette partie de finale, et de DIO.

Pour celui-ci on a encore beaucoup de synchro audio-vidéo très bien réalisée, du début jusqu’à la fin. L’intro fait limite peur et si l’ensemble de cordes et les voix basses et lentes en canon y sont pour beaucoup, le pendule basculant en rythme avec un battement de coeur audible en fond et dévoilant les anciens et actuels protagonistes renforce bien ce ton creepy. Ça se voit mieux quand on voit les héros coincés dans le labyrinthe, et où défilent dans un pendule lumineux, en rythme, des silhouettes de dieux égyptiens, ceux des futurs stands que le groupe affronte dans cet arc.

Le fait d’avoir seulement une version d’une minute 30 est un peu dommage, car forcément, on loupe 2 couplets sur 3, alors que chacun est chanté par un des 3 de la bande (les refrains sont eux à 3). Les paroles sont assez liées à ça : chacun chante un couplet à la fois lié à Stardust Crusaders, mais aussi (de près ou de loin) à la partie dont il a chanté l’opening. En l’occurence, on a droit ici à Tommy parlant de « destin », comme dans Sono Chi no Sadame. Dans le reste de la chanson, Coda parle de « bloody », comme dans Bloody Stream, et Jin de « pride », comme dans Stand Proud. Tout ceci est très bien foutu et tout aussi perché que tout le foreshadowing inclus dans ces vidéos de générique.

 

Parce que oui, là aussi y en a, avec pas mal d’autres références divers, et le foreshadowing est souvent VIOLENT quand on connaît le scénario (attention, spoilers à venir, évidemment) :

  • Retournons à l’intro : j’ai parlé de pendule en rythme avec un battement de coeur…Oui, c’est bien en référence à la technique utilisée par Jotaro lors du combat final contre DIO, où il va utiliser son Star Platinum pour arrêter son coeur et passer dans les mailles du World de DIO. Les engrenages qu’on peut apercevoir sont d’ailleurs ceux utilisés régulièrement dans le manga pour matérialiser le pouvoir de The World.
  • Dans ces battements de pendule, quand DIO apparaît, il y a 12 étoiles à l’écran : elles représentent les manieurs de Stand envoyés par DIO, à savoir 9 Dieux égyptiens et ses 3 assistants.
  • Chacune des poses prises par nos héros et leur Stand dans le passage du désert provient d’une scène de la série. Par exemple, celle de Kakyoin est pendant son affrontement avec DIO, celles de Polnareff lors de ses « adieux » à Iggy contre Cream, puis à Avdol.
  • Polnareff est montré utilisant son stand avec 2 rapières. Il n’obtient cette capacité qu’après le combat contre Anubis, qui le fera tomber temporairement sous contrôle de DIO.
  • On retrouve dans le générique beaucoup de séquences « arrêtées », où l’on voit le groupe immobile, alors que la caméra zoome ou fait apparaître des écritures ou objets soudains ; c’est évident une anticipation du pouvoir d’arrêt du temps du stand de DIO, The World.
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A tel point que ça pète la gueule aux crédits

  • Une séquence montre chacun des héros (encore « à l’arrêt »…) soudain atteints par divers effets visuels sur un filtre rouge. De la même façon, chacune de ces séquences indique en fait le destin de chacun des personnages lors du combat face à DIO. On peut d’ailleurs noter que lorsque le freeze est fait sur Jotaro, on peut voir furtivement sa main droite bouger (je vous laisse vérifier par vous-mêmes), indiquant sa future résistance à The World.
  • On en reparlera un petit peu pour l’ED4, mais on peut voir lors d’un certain plan le groupe dissocié en 2 sous-groupes le long d’un escalier, le zoom se faisant sur Jotaro, placé au centre. En fait, la position de chacun sur cet escalier montre à l’avance qui dans le groupe va mourir ou survivre à l’issue de l’arc. Oui, ça va jusque-là. Pire : lorsque Jotaro déploie son Star Platinum (pile quand Jin le hurle dans la chanson), on peut même furtivement voir The World apparaître.
  • A la fin du générique, on peut voir un extrait du futur combat final, avec le duel Star Platinum – The World, avec des ORAORAORAORAORAORA écrits de partout sur l’écran, le combat se finissant par l’apparition du logo dans un style assez « rocailleux », avant de s’évaporer par le soleil. Ce plan indique par contre le destin de DIO, plus particulièrement… sa mort.
  • Pendant un passage chanté par Coda, l’auteur de l’OP2, on voit apparaître les crédits de la chanson (Sono Chi no Kioku). Pile quand sa ligne mentionne le mot « sadame« , le titre de la chanson affichée devient « Sono Chi no Sadame« , titre… de l’OP1. C’est super furtif mais c’est là :
JoJo OP4

Le « Sono Chi no Kioku »…

JoJo OP4 2

…qui se transforme furtivement en « Sono Chi no Sadame ».

  • Entre le moment où Jotaro casse la « vitre » (ou votre écran, ou le caméraman, je sais pas), il faut exactement 5 secondes à DIO pour apparaître derrière lui. C’est en effet la durée canonique pendant laquelle DIO peut arrêter le temps ! Encore plus fou : dans l’OP modifié des derniers épisodes, on le voit prendre plus de temps pour faire ça. Exactement 11 secondes… soit sa durée maximale d’arrêt de temps, encore, mais une fois le sang de Joseph absorbé, pour coller à l’utilisation de ce générique !

Un point notable est la façon dont la fin du générique change pour les derniers épisodes. DIO prend littéralement le contrôle du générique, et on le voit clairement arrêter le temps, et se déplacer pour détailler ce qui n’était vu (pour les yeux de Jotaro, notamment) que comme une téléportation. Et cette fois, on a droit également à des MUDAMUDAMUDAMUDA en onomatopées volantes supplémentaires.

 

Encore pire : pour le dernier épisode, certaines scènes ont encore été modifiées : on peut notamment voir The World frapper les crédits de la série, ou encore le plan de « destin » de Joseph, laissant place non plus au couteau lancé par DIO, mais à sa main lui aspirant le sang, comme à la fin de la série. De même, Kakyoin voit cette fois The World passer outre sa barrière. Enfin, Jotaro lui voit son propre stand s’intégrer à la myriade de couteaux lancés par DIO pour se défendre.

 

Mais n’oublions pas les endings, car même s’ils sont comme toujours moins chargés en puissance et en références, ils sont intéressants et dans la lignée du Roundabout de la première série.

 

ED3 : The Bangles – « Walk Like an Egyptian » (1986)

 

La vanne est évidente : le groupe de se rend en Asie, il fallait une chanson occidentale assez culte qui en parle : Jackpot. Si musicalement c’est probablement le plus inattendu et le plus étrange de la série (je me souviens de pas mal de réactions plutôt négatives le jour de la sortie du premier épisode avec ce générique – je m’en souviens, j’étais à un anniversaire et j’avais sorti mon PC pour voir ce que serait le premier ED de Stardust Crusaders. Sans déconner oui), il comporte son lot d’imagerie liée à la série aussi. Visuellement, il est même assez soigné malgré le fait qu’ils soit surtout une succession de plans fixes.

Visuellement il y a moins de trucs « suspects » à en tirer, si ce n’est un plan où on voit clairement une horloge entre des ronces ; c’est vraisemblablement une référence aux « deux » Stands de DIO, celui de Jonathan (similaire à celui de Joseph), et The World. Certains voient toutefois une référence à la partie 4, avec cette flèche qui se balade, mais ça…

La plupart des visuels décrivent surtout les héros et leur stands, par des jolis images fixes et des transitions d’un perso à l’autre. Pas grand chose à dire de plus, c’est joli et le choix de chanson est original.

 

 

ED4 : Pat Metheny Group – « Last Train Home » (1987)

 

On notera que la chanson est sortie seulement quelques mois plus tard que l’ED3, exactement comme les 2 morceaux de l’arc ! Celle-ci faisait partie de la shortlist perso d’Araki comme chanson à inclure dans la série et il faut bien dire que cette piste instrumentale et quasi-mélancolique se prête plutôt bien à la fin du voyage, à la fois par le désespoir rencontré au fur et à mesure des étapes, et la solitude potentielle de chacun des héros pendant cette traversée du désert (au sens littéral comme abstrait).

Forcément, musicalement, pas grand chose à dire. C’est un peu le calme avant et après la tempête… Un morceau paisible, presque campagnard, en tout cas plus approprié pour le voyage que les combats finaux. Dans tous les cas, c’est sur les visuels qu’on trouve de l’intérêt. Petite liste non exhaustive :

  • Comme dans l’OP3, on trouve pas mal de visuels du Lucky Land, et de la « main » emblématique de Jotaro, notamment au début du générique.
  • Lors des premières secondes, on voit derrière Joseph une espèce d’enseigne avec certains des héros, dessinée dans le style du livre de prédictions imagées de Boingo.
  • Lors de la petite séquence dans le train, Joseph ne tient dans sa main que 3 tickets, indiquant sans doute le nombre de héros encore en vie à la fin de la série, et qui pourront revenir. Surtout vu le titre de la chanson et la mine triste de Joseph, le message est assez clair…
  • Pendant le début du générique, un cycle jour-nuit assez rapide a lieu. Finalement, à partir du train, c’est une longue nuit qui commence, et qui s’arrête seulement vers la fin du générique, à un moment où l’on voit Joseph et Jotaro enlever leurs chapeaux, et voir Avdol, Iggy et Kakyoin de l’autre côté d’une rivière… Difficile de faire plus funéraire.
JoJo ED4

L’enseigne « dessinée par Boingo »

JoJoED4 2

L’autre côté de la rivière

 

Bref, c’est joliment réalisé, c’est sobre, c’est chill, c’est triste mais ça détend après des épisodes intenses : ça-fait-le-taff. Point.


 

Encore que plus les autres arcs, Stardust Crusaders nous offre des références musicales par pelletées de 12, fait notamment dû à la multiplication des personnages, et donc des situations où Araki peut prendre un nom d’album ou d’artiste au pif pour se faire plaisir. Si ce n’est pas le cas pour tous les personnages (on citera notamment les stands au nom de dieux égyptiens dans la 2ème partie, et toutes les référentes aux cartes de tarot pour les premiers stands, ou, comme dans les premiers arcs, le fait que le nom du JoJo actuel ne soit pas une référence musicale !), beaucoup, beaucoup sont tirés de près ou de loin d’artistes, groupes, chansons ou albums. Même les plus obscures, comme d’habitude.

Parmi le groupe principal, Araki a choisi de garder un  nom « original », probablement pour garder le coté japonais : celui de Kakyoin (qui est le nom d’une ville japonaise). Parmi les autres, trois sont des références musicales assez claires : Mohammed Abdu est un chanteur d’Arabie Saoudite parmi les plus célèbres du Moyen-Orient ; Jean-Piere Polnareff est une référence évidente à notre Michel Polnareff national, qui avait presque une reconnaissance internationale (le « Jean-Pierre » viendrait d’un français un peu oublié de l’époque, le coureur de F1 des années 70 Jean-Pierre Jarier) ; enfin, le nom du chien Iggy est simplement tiré de celui d’Iggy Pop.

Je vais me simplifier la tâche en groupant par types de presonnages ; parmi les manieurs de stands :

  • Gray Fly, le vieux bizarre qui attaque Kakyoin dans l’avion, est tiré du musicien Glenn Frey, fondateur des fameux Eagles.
  • Sur un des bateaux empruntés par les héros, le capitaine (ou son imposteur, au choix) s’appelle Capitaine Tennille. Exactement comme le duo Captain & Tennille. Oui, c’est un vrai nom de groupe (très kitsch). Sur le bateau suivant, si vous vous souvenez, un stand était contrôlé par…un orang-outan. Et bah on l’oublie souvent mais ce singe s’appelle Forever, nom provenant de l’album Wu-Tang Forever du groupe de hip-cop culte le Wu-Tang Clan.
  • Le mec louche et masochiste qui attaque Polnareff dans sa chambre d’hôtel s’appelle Devo le maudit, du nom du groupe éponyme. Mais si, les mecs avec les « domes énergétiques » bizarres sur la tête. Il fait parti des personnages ayant du subir un changement de nom aux Etats-Unis, se nommant là-bas Soul Sacrifice, du nom d’une chanson de Carlos Santana (suggérée par Araki lui-même).
  • L’imposteur de Kakyoin se nomme Rubber Soul, comme un album des Beatles. Et parce que Viz Media avait pas de solution alternative pour les USA, il s’appelle Robber Soul aux Etats-Unis. Subtil.
  • En Inde, le duo Empreror-Hanged Man s’appelle Hol Horse (du groupe américain Full Force. Certains disent que c’est couplé d’une romanisation douteuse du groupe Hall & Oates, mais j’experime quelques doutes là-dessus) et J. Geil, du nom du groupe américain J. Geils Band. Pour la version américaine, Viz Media a choisi Centerfold, du nom d’une chanson de ce même J. Geils Band. La mère de J. Geil, qui essayera de le venger avec son propre stand (Justice), se nomme Enya Gail, du nom de la chanteuse lyrique au même prénom.
  • Le possesseur du stand Empreror, qui infecte la peau de Joseph, est une femme du nom de Nena, comme la chanteuse allemande. Qui a quand même fait un tube quasi-planétaire en allemand, donc un peu de respect.
  • Parmi les stands assez ridicules se trouvait notamment une voiture, nommée Wheel of Fortune. Son manieur se nommait ZZ, en référence évidente au groupe ZZ Top, qui avait d’ailleurs fait figurer aussi plusieurs de belles cylindrées sur leurs pochettes d’album. On pouvait également trouver aussi dans cette veine un soleil. Qui était la carte The Sun. Voilà voilà. Bah son maître se nommait Arabia Fats (enfin, c’est comme ça qu’il est décrit, vu qu’il n’a qu’un seul et unique plan où il apparait), en référence probable au pianiste Fats Domino.
  • Un des stands les plus réussis de la première partie de SC, The Lovers (un parasite cérébral microscopique), est contrôlé par Steely Dan, comme le groupe éponyme des années 70. La licence américaine l’a renommé… Dan of Steel, en référence au fameux surnom Man of Steel.
  • Mannish Boy, le bébé génie qui harcèle Kakyoin, est nommé en référence à une chanson du même nom du bluesman Muddy Waters.
  • Cameo, furtif maître du stand Judgement qui offre des voeux à Polnareff, vient d’un groupe de funk des années 70 assez peu connu ici, mais avec quelques tubes.
  • Un peu comme Arabia Fats, Midler, maîtresse du stand High Priestess qui se transforme en metal, n’apparait que sur 2 plans, et sans qu’on voit le haut de son corps (son seul dessin canon vient du jeu vidéo PS1). Son nom original vient de Bette Midler, une actrice et chanteuse américaine ; aux USA, son nom a été remplacé par Rose, en référence à une chanson de cette même Bette Midler.
  • Le premier des Stands de Dieux égyptiens, Geb, a pour maître un homme nommé N’Doul, dont le nom est tiré du chanteur sénégalais Youssou N’Dour. Et du coup je case 7 Seconds parce qu’elle est vraiment magnifique.
  • Le duo dramatique ayant d’ailleurs eu droit à son propre ending complètement barge, Oingo and Boingo, sont nommés directement du groupe Oingo Boingo. Aux Etats-Unis, ils s’appellent Zenyatta et Mondatta, et cette fois le nom vient d’un album de The Police, nommé… bah Zenyatta Mondatta.
  • Le Stand du Dieu Anubis, une épée millénaire, a eu pour maîtres des gens nommés Chaka, Khan, et Caravan Serai. Respectivement, Chaka Khan est une chanteuse américaine, et Caravanserai le nom d’un album de Carlos Santana. C’est assez drôle, parce qu’en vrai, un caravanserai c’est le nom d’auberges pour les caravanes de marchands qu’on trouvait le long de la Route de la Soie, dans toute l’Asie (c’est un mot perse). Et ces auberges, au Moyen-Orient, on les appelait des….khans.
  • Mariah, la géniale maîtresse du stand du Dieu Bastet, tire son nom de Mariah Carey. Pas bien compliqué.
  • Si parfois, il y a une logique dans les noms utilisés venant de duo (par exemple Oingo et Boingo), parfois… non. Alessi, le mec limite pédophile maître du Stand Sethan, vient du duo américain les Alessi Brothers.
  • Les géniaux frères d’Arby, Daniel J. (le parieur) et Terence T. (le joueur de jeux vidéo) viennent du chanteur dont le nom est porté par le petit frère, Terence Trent d’Arby.
  • Pet Shop, l’aigle le plus fllippant de l’arc et probablement de la galaxie, vient pourtant d’un groupe assez inoffensif : les Pet Shop Boys.
  • Kenny G, un des sous-fifres de DIO, prend son nom d’un jazzman éponyme. Ça sonne plus comme un rappeur mais pourquoi pas.
  • Vanilla Ice, le manieur du stand le plus flippant et le plus monstrueux de l’univers, perd lui aussi au change de l’explication : il est nommé à partir d’un rappeur kitsch, pas terrible et culte à souhait ! Ice, Iiiiice BABY.

Au niveau des Stands, il y a forcément moins de choses à dire : une fois les cartes de tarot (colorées ou non) et les Dieux égyptiens passés, il n’en reste plus que trois, dont un sans nom (celui d’Holly), donc deux :

  • Le Tenore Sax (le labyrinthe, oui il a un nom !) de Kenny G, qui est une des rares références non pas à un artiste, un album, ou une chanson, mais bel et bien à l’instrument de musique : le saxophone ténor ;
  • Le Cream de Vanilla Ice, qui en plus d’être un formidable jeu de mot, est aussi tiré d’un non moins formiable groupe de rock des années 60.

 

Et puis enfin, il y a DIO.

La référence avec son nom n’a pas changé (enfin, là où Dio Brando venait de Ronnie James Dio, le grand méchant DIO vient lui du groupe DIO. Mais c’est du détail), mais ce dont on ne se rend pas vraiment compte, c’est qu’elle a même pris de l’ampleur. Une grosse partie de son développement narratif et visuel (et donc une grosse partie de l’arc !) provient en fait à la base de chansons de Ronnie James Dio. Le fait même qu’il se cache en Egypte vient de là (la chanson « Egypt (The Chains Are On)« , en détail) ! Et ça ne s’arrête pas là. Visuellement aussi, il y a des références à ce grand et regretté monsieur du hard rock : les coeurs de partout sur le design de The World et de DIO, ce n’est pas (uniquement) pour faire joli, c’est parce qu’il y a un album de DIO nommé Sacred Heart. The World, d’une façon plus globale, serait tiré du Holy Diver (vérifiez les paroles), et il possède des objets similaires à des bouteilles de plongée, dans le dos. Comme un « diver« , donc.

 

 


 

Damn, on est arrivé au bout ! Voilà, cette épopée musicale va rester en pause quelque temps, vu que le quatrième arc (Diamond is Unbreakable) m’est quasi-inconnu. Il n’y a pas eu d’adaptation animée, et j’ai à peine commencé le manga à l’occasion de sa ressortie récente en France. Donc ça devra attendre pas mal de temps… Désolé !

Dans tous les cas, j’espère que ce voyage thématique très espacé dans le temps vous aura plu, et si vous avez des quelconques remarques, commentaires, corrections ou je ne sais quoi, n’hésitez pas à me les adresser via les commentaires (ou même sur Twitter, en fait). Je les lirai avec plaisir !

 

Peace.

 

 

Oui je sais la flèche est pas VRAIMENT dans le bon sens mais tant pis

 


Illustrations :

  • Le cast principal de Stardust Crusaders, vu par Oisime Oisii
  • Divers screenshots de Stardust Crusaders

Une réflexion sur “JoJo’s Musical Adventure – Partie 3 : Stardust Crusaders

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